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Les petites heures du matin où se déplient les mots de l'espoir permettent de lire les respirations croisées de Louis Delorme et de Jeanne Grenier Champel dans Soif de mots 34, aux Editions du Brontosaure. L'idée est précieuse et l'on appréciera tout particulièrement les textes où une phrase est reprise d'un auteur à l'autre, par exemple "soyons intolérants avec l'intolérance".

Jeanne apporte fraîcheur et humour ("de quoi désherber le bonheur") à ce recueil : le poème sur la pomme, le ver et l'oiseau, sorte de fable moderne, est délicieux. Il me fait penser à Maurice Fombeure ou à Jacques Prévert : l'on sentirait presque, sur l'épiderme d'une rime attentive, l'envol d'un oiseau à la Cocteau. 

L'on relève ailleurs : "Il s'appelait Dali, Gala était son miel" : beau ! Cette ouverture ensoleillée et qui écartèle les persiennes, donne de la vitalité au clair-obscur de Louis Delorme pour lequel, néanmoins, "La Poésie, bien sûr, a ce visage humain" et qui sécrète également ses ravissements : "Le miracle des yeux que s'est donné le monde". Voilà donc des échos, taillés à l'aune de la sagesse, par des personnalités très créatives. 

À quand un critique d'art pour analyser en parallèle leurs œuvres picturales ?

Claude Luezior

 

 

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